Portrait

IDJUT BOYS

Ce samedi 15 septembre, les Idjut Boys retournent le Wanderlust ! Le duo Anglais composé de Daniel Tyler et Conrad McConnell en profite pour fêter à nouveau la sortie de l’album toujours frais Cellar Door, leur premier en vingt ans de carrière. On a bien fait d’attendre : Cellar Door est probablement l’un des meilleurs albums de l’été toutes catégories confondues. Rencontre avec les Kings du Disco Dub.

Wanderlust: On est en train d’écouter votre album en rêvassant sur la terrasse. C’est une interprétation parfaite de l’esprit baléarique, non ?

Idjut Boys: C’est juste un album qui n’est pas formaté pour le club. Prends ton partenaire par la main, endors-toi sur ta chaise longue ou fais cuire ta merguez sur le barbecue – tu peux faire ça en l’écoutant.

Comment définiriez-vous le son baléarique ?

De la musique ‘open’.

Vous avez dit que vous aviez produit cet album à l’ancienne, comme s’il était formaté pour être gravé sur un vinyle. Et c’est ce qu’on ressent et de la meilleure manière possible. C’est aussi votre premier album en vingt ans de carrière. Comment tout s’est enclenché ?

On avait probablement sous la main dans notre collection de disques durs de quoi faire plusieurs albums. On s’est décidé à se replonger dedans et à garder ce qui nous paraissait approprié.  Nous avons refilé ces démos à des amis musiciens dont nous pensions qu’il pouvait faire quelque chose à partir de ces idées. Une fois qu’on a réussi à mettre de côté tout ce qui semblait vraiment trop bizarre pour l’auditeur, on est arrivé à Cellar Door. Les Dieux ont décidé que ça devait nous prendre vingt ans de nos vies pour en arriver à ce concept étrange. Peut-être que maintenant on devrait en faire une version dub. Et peut-être ne pas attendre encore vingt ans avant de la faire.

 

 

Votre démarche avec cet album me rappelle celle de DJ Harvey avec son groupe Locussolus. Pas vraiment parce que votre musique est semblable à la sienne, mais plus dans la liberté avec laquelle vous abordez la production. Vous sortez de votre case de DJ pour passer à autre chose. La comparaison avec Harvey n’est pas vraiment une coïncidence : vous-mêmes vous êtes formés aux soirées Tonka de Harvey à Londres, à la fin des années 80.  Vous avez de la nostalgie pour cette période, les débuts de l’acid house ?

Si le futur commence à être moins intéressant que le passé, on est mal barré, mais c’est vrai qu’on a été chanceux de vivre cette période, de rencontrer plein de gens talentueux, d’entendre de super DJs, de passer du bon temps. Il y avait des tas de choses qui se passaient. Tout cela est bien loin, maintenant. Aujourd’hui, il y a beaucoup de nouvelles têtes et aussi pas mal de choses spontanées qui s’organisent de nouveau, plus pour des cercles de gens proches, dont la raison principale n’est pas de faire du fric. Mais c’est sûr que l’esprit des soirées Tonka et de cette période a modelé l’horizon musical dans lequel on se sent à l’aise. A l’époque, la scène ‘dance’ couvrait beaucoup de styles. Pour nous, c’était juste de la musique, sans catégorie. Hi Nrg, rock, pop, ska, reggae, punk, blah blah, et bien-sûr les trucs plus slow. Cet idéal n’est jamais mort pour nous.

D’où vient le nom ‘Idjut Boys’? 

‘Cha idjut bwoy’ : c’est ce que tu dis à ton pote, ton frère, ton camarade, ton amigo, quand il se met à déconner, mais plutôt dans le mauvais sens. Ça semblait bien coller avec nous.

Vous passez votre temps à voyager pour jouer un peu partout. J’ai lu que vous adoriez le Japon (parce que le public est vraiment dans la musique). Y-a-t’il d’autres endroits où vous vous sentez à l’aise ?

Il y a de bons spots partout, c’est vrai qu’on a passé du bon temps aux Etats-Unis et on a rencontré plein de gens intéressants là-bas. A Londres aussi, on fait des soirées de temps en temps avec notre pote Felix Dickinson et on vient aussi de commencer une bimensuelle le jeudi avec lui. Ces soirées sont toujours fun, parce que ce sont surtout des amis, des gens de la famille, ce qui donne une vibe un peu spéciale. On adore venir à Paris aussi, la dernière fois on s’est bien marré. À plus !

 

 

Vous croyez qu’il y a une disco-aristocratie en ce moment dans la scène disco moderne. Si oui, qui en sont les grands leaders ?

Ummm, Dieu seul le sait ! Je crois bien que les Nordiques sont tous très forts, à la fois en tant que DJ mais aussi que producteurs. Je crois qu’ils sont assez populaires donc il doivent avoir quelque chose de spécial, mais bon il y en a plein d’autres qui font des choses bien et qui n’ont absolument rien de Norvégien…

Qui sont à votre avis les producteurs disco largement sous-estimés ?

Tee Scott et Sean P, ça en fait déjà deux.

Comment vous voyez les Idjut Boys dans dix ans ?

On va essayer de sauter les obstacles du temps et choper quelques nouvelles notes de musique sur le chemin. Mais à part ça, on n’est pas assez malin pour se projeter si loin.

 

Interview by Jérôme Viger-Kohler 

 

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