Portrait

SATIN JACKETS

Samedi 11 août, le Wanderlust s’adonnait au slow disco filtré, aux intonations tropicales et au beat Paradis qui fait l’amour au ralenti. Le soleil au zénith, avec la grande classe Allemande des Satin Jackets. Rencontre avec Tim Bernhardt, l’Homme à la Veste de Soie. A l’Est toute !

Wanderlust : La grande classe à paillettes avec une grosse influence 80 : c’est ainsi que tu décris le son des Satin Jackets. Pourquoi ces références ?

Tim Bernhardt : J’ai toujours été impressionné par les cordes, les mélodies et les productions avec un son énorme. J’aime la musique qui met en avant les méthodes d’enregistrement et de production. Les détails, le spectre sonore et l’atmosphère sont très importants pour moi. Je suis un mec de studio et je peux y passer des jours et des nuits à traficoter.

Quel souvenir d’enfance associé à la musique te vient tout de suite à l’esprit ?

Feuilleter les magazines de mode de ma mère.

Tu associes la musique et la mode ?

Pas avec la mode en soi mais avec la façon dont tu peux t’exprimer, montrer ce que tu ressens ou ce que tu peux faire, mettre en valeur une idée.

Quelles sont tes pochettes de disque favorites ?

New OrderBlue Monday 12″
Lorenzoesque
The MotelsAll Four One
Pet Shop BoysActually

Le groupe le mieux habillé ?

Tesla Boy quand ils étaient toujours avec Poko Cox et Dima Midborn.

 

Satin Jackets Hollywood

 

Si tu devais décrire tes références en cinq morceaux ?

Grace Jones - Don’t Cry, It’s Only The Rhythm
Pet Shop Boys - Paninaro
Ryuichi Sakamoto feat. David Sylvian - Heartbeat (Tanai Kaiki II)
New Order - Bizarre Love Triangle
George Michael - Fastlove
Roxy Music - Dance Away

Ooops, il y en a un de trop !

Comment définirais-tu ton style : rétro, rétro-futuriste ou futuriste ?

Si je devais choisir parmi ces trois termes, c’est évident que je dirais Rétro, même si les techniques de production que j’utilise sont tout-à-fait modernes. La seule chose futuriste que je vois dans ma musique, c’est qu’elle n’a pas toujours besoin d’être conçu pour les DJs ou les clubs. Hum, en fait même ça, c’est assez rétro comme idée.

A ton avis, quel est le centre d’attraction de la Dance Music aujourd’hui ?

Saint-Pétersbourg.

Ah bon ?

Il y a tellement d’influences qui se rejoignent là-bas et les standards musicaux sont très hauts et sincères. Avec Moscou, la scène de Saint-Pétersbourg génère des groupes excitants comme On The Go, D-Pulse, Tesla Boy and Pompeya.

 

Tesla Boys In Your Eyes (Satin Jackets Remix)

 

Tes meilleurs producteurs Disco du moment ?

J’aime ce que font des artistes comme TempogeistMonitor 66Moon BootsJ. ViewzGoldroomMonsoon Season et Heion.

Quel est le producteur le plus sous-estimé ?

KLar&PF. Tout simplement parce que je trouve que leur musique est magique.

Quel film tu choisirais pour décrire ta musique ?

Blade Runner. Ce film montre comment une bande son cheesy réussit à rendre une oeuvre brillante et mémorable tout simplement parce qu’elle correspond parfaitement à une certaine histoire, un certain contexte.

“Les producteurs sont là mais le DJ est au sommet de tout. Il tient la destinée de tellement de gens dans ses mains. C’est lui qui fait ou défait les hits.” (Michael Gomes dans The Disco Files). Tu es d’accord ?

Je crois que c’est vrai d’une certaine manière. Plus que jamais les DJs sont les vrais protagonistes de la scène. Cela dit, ils dépendent tous d’un certain nombre de productions pré-existantes et parfois ils se contentent de peu. Je crois que la principale ressource d’un DJ doit toujours rester en constante mutation et innovation. Sinon, ça ne vole pas très haut.

 

Interview réalisée par Jérôme Viger-Kohler

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