Homme de l’ombre d’un label coloré, Alexander Waldron s’occupe des affaires de Greco-Roman le jour, avant de rejoindre ses artistes la nuit dans sa peau de DJ Full Nelson. Avec Greco-Roman, Alexander réussit le grand chelem du bon goût Dance Music : TEED, Baio, Disclosure, Joe Goddard… Autant de signatures dans le coeur du Zeitgeist 2012. Interview mélodique avec Full Nelson.
« Nous produisons de la musique colorée parce que nous dansons dans le noir », c’est le mot d’ordre de Greco-Roman. Est-ce que cela exclut toutes les musiques dark que l’on joue au petit matin, quand le soleil se lève ?
Full Nelson : Non, bien-sûr. Tous nos disques pop ont toujours une face B plus dark et des remixes. Chaque disque que l’on sort est né sur un dancefloor.
Le label est basé entre Londres et Berlin, ce qui nous mets à peu près à Paris, non ? Sérieusement, quels sont vos a priori sur la scène indie-dance parisienne ?
Il y avait des mecs qui surfaient sur la foule à notre dernière soirée à Paris ! Donc, franchement, on n’a pas de préjugés sur Paris. Le son electro que Paris produisait il y a quelques années n’était pas notre truc mais on sait que la scène est en train de changer et nous aussi. Désormais, nous avons beaucoup d’amis ici !
Roosevelt, la dernière signature Greco-Roman, en live ce samedi au Wanderlust.
Entre Londres et Berlin, cela semble une balance parfaite pour un label de dance music. Quel autre axe pourrait aussi fonctionner pour Greco-Roman ?
C’est vrai qu’entre Londres et Berlin, cela fonctionne bien. Londres a une vrai énergie créative mais c’est une ville très chère et Berlin est cheap et décontracté et bien-sûr il y a une scène électronique incroyable… donc on se nourrit de ces deux villes. Si je devais en choisir deux autres : Los Angeles et Bucarest pourraient bien marcher.
On aime bien dire que le Wanderlust est un spot baléarique à Paris, ce qui est assez ambitieux, surtout en décembre en bord de Seine. Est-ce un sentiment que tu ressens à Londres ou Berlin ?
Berlin est certainement une ville baléarique pendant l’été avec toutes ces fêtes en plein-air le weekend, les tongs, la rivière. Mais à Londres, rien du tout !
Baio ‘Sunburn’ sur Greco-roman
Totally Enormous Extinct Dinosaurs a commencé sa carrière avec vous avant de rejoindre une major et de connaître une carrière pop. Quel regard tu portes sur sa carrière ?
Les costumes de dinosaures sont bien meilleurs maintenant, mais à part ça en fait il est resté le même : il fait de la pop brillante avec un pied sur le dancefloor. C’est d’ailleurs ce que nous avons toujours voulu faire, tout comme TEED.
TEED, Baio, Disclosure, Joe Goddard, Roosevelt… C’est un line-up parfait de producteurs dans le vent. Mais où sont passées les filles ?
Attendez notre prochaine sortie ! On annoncera ça après ce weekend. Et la prochaine fois que l’on revient à Paris ce sera avec elles !
Full Nelson DJ set sur Boiler Room.
« Greco-Roman est une forme olympique de lutte qui avait lieu sur le Mont Olympe en l’honneur des Dieux, aux yeux desquels nous étions tous égaux. » Peut-on dire que gérer un label de nos jours est une forme de lutte ?
Les gens n’achètent plus de musique donc on peut dire que oui, gérer un label est un combat pour chaque centime. C’est vraiment très difficile de rentrer dans ses frais. Mais au départ, on a choisi ce nom parce que lorsqu’on mixe, c’est une performance longue, athlétique, calculée, et un peu ennuyeuse sur les bords… comme la lutte greco-romaine.
Qu’est-ce qui t’inspire quand tout te paraît gris ?
Le bleu, le Jaune, le Noir, le Vert, le Rouge.
Interview réalisée par Jérôme Viger-Kohler
